Durant ces trois années passées à la plus haute responsabilité du club, il aura connu deux montées, une avec l'équipe première, une avec l'équipe réserve. Il restera dans l'esprit des supporters, et malgré de nombreux détracteurs, comme le seul qui ait voulu du club en 2006, après une gestion sportive catastrophique suite à la liquidation, et un club tombé en DHR dans l'anonymat le plus malsain. On retiendra de son mandat un renouveau de l'ambition de l'OAC, un début de fierté retrouvée par les supporters, ou encore le match souvenir de la demi-finale de la Coupe de France 1987. La remontée immédiate a été un déclic, déclic qui a permis la création officielle de l'association Cévenol'Surfers, qui depuis bientôt trois ans ne cesse de prospérer. Sans Jean Michel Baldy, l'association n'aurait jamais eu le développement qu'elle a eu. Il fut l'un de ses premiers soutiens, aidant l'association avec des tarifs préférentiels au stade et des invitations à l'extérieur. Les supporters ont besoin du club pour se structurer officiellement, le club a besoin des supporters pour avancer. Il l'avait compris.
Mais il y a eu aussi des moments de tensions, des critiques, et bon nombre de ses détracteurs se trouvaient sur ce site. Pourtant, force est de constater que Jean Michel Baldy avec ses trois ans de présidence, et son bilan positif dans ce contexte si difficile dans l'histoire de notre club, restera dans l'histoire des présidents de l'OAC. Il est le mandat le plus long après Jean Marie Roger, l'avant dernier président de l'OAC, lorsque le club était encore professionnel.
Un homme affecté par son départ
Ambitieux. Il l'était pour ce club qui lui est cher. Et sa déception est à l'échelle de son ambition. C'est non sans amertume que Jean Michel Baldy exprime son premier commentaire :si j'ai arrêté, c'est que j'ai senti au sein du comité et de certaines personnes au sein de l'OAC, qu'il n'y avait pas une envie et une solidarité pour défendre le budget(NDLR : le budget de 295000€ environ). D'après Jean Michel Baldy, le comité aurait été frileux suite au déficit de 30000€ de l'exercice précédent. Pourtant, l'ex-président soutient que
les reproches étaient non fondées car un budget ne se fait pas seul. J'ai senti qu'il n'y avait plus l'envie de continuer avec moi.Pour Jean Michel Baldy c'est clair:
le comité avait envie de changement. Le budget n'est qu'un prétexte. Un gros prétexte...
Il s'était donné un objectif personnel pour retrouver le CFA2. Déception et amertume nourrissent ce départ. Sans vouloir jouer les victimes, car sa sincérité était perceptible, l'homme d'affaires cévenol a le sentiment d'avoir été pris pour le dindon de la farce, et victime d'une certaine trahison. Il a donné beaucoup de temps et d'énergie pour remettre le club sur le bon chemin du retour vers le niveau national. Il a donc préféré partir. Refusant une première proposition de co-présidence avec Didier Bilange (qui aurait pris à son compte le côté gestion du club et Jean Michel Baldy le côté sportif), il commente :
travailler avec des gens qui m'ont mis des bâtons dans les roues, non merci. Pourtant, j'ai un grand respect pour ces personnes. Mais après en avoir parlé avec ma famille et mes enfants, j'ai décidé de me retirer. Avec beaucoup, beaucoup de regrets...
Beaucoup de regrets car il y avait beaucoup à faire. Ça a été un crève coeur de l'annoncer aux joueurs. J'ai deux fils. Les joueurs étaient mon troisième fils.On ressent à nouveau cette déception, cette tristesse même, de devoir abandonner ce projet qui a été une importante source d'investissement sans que les objectifs personnels ne soient atteints. Il termine enfin, un peu à l'image qu'en ont les supporters :
le comité directeur est composé de plusieurs personnes uniquement là pour se donner un nom, une étiquette. Mais ça ne marche pas comme ça. Il faut être là bénévolement, il faut se donner pour le club...Le resserrement du futur comité directeur, annoncé par le nouveau président Bilange, semble aller dans ce sens.
Bilan de trois saisons de présidence
La première saison fut celle de la remontée en DH. Avec José Carrascosa aux commandes, et un groupe restreint de joueurs, les deux hommes ont fait des miracles. Le club n'allait pas pourrir en DHR comme l'avaient laissé leurs prédécesseurs ! Pour Jean Michel Baldy, ce fut unetrès bonne saison. Et le premier succès de l'ère Baldy.
La seconde saison fut déjà plus mouvementée. Le club retrouvait la DH, et José Carrascosa était remercié, au grand désarroi des supporters. Pourtant, ces derniers furent rapidement rassurés par la suite, lorsque la nomination d'Olivier Dall'Oglio a été annoncée. Le comité directeur était alors à 100% derrière le président Baldy.
La venue d'un entraîneur de renom..., dit-il avec un sourire évocateur laissant sous entendre que les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances. Cette saison là cependant, la réserve retrouve les championnats régionaux en obtenant son billet pour la DHR. En parallèle, le club se structure, et le centre Jean Sadoul sera rénové et les projets ne manquent pas sur la formation des jeunes. Le club semble repartir sur de bonnes bases.
Le point noir du mandat de Jean Michel Baldy est incontestablement la troisième saison. Le recrutement n'a pas tenu tous les espoirs qu'on pouvait nourrir. Malgré un bon début de saison, ce que nuance pourtant l'ex président, le départ précipité d'ODO a plongé le club dans la crise. La passation de pouvoir vers Michel Bénézet s'est
mal passée, ça a été mal vécu par les joueurs. Ce fut une saison catastrophique.Concernant les déficits engendrés à l'issue de cette saison (environ 30000€), Jean Michel Baldy explique :
La montée de la réserve, malgré l'objectif annoncé, n'avait pas été prévue dans le budget. Les dépenses ont donc été plus importantes. Il y a eu aussi un surcout d'amendes auprès de la ligue et le procès d'un ex entraîneur de l'OAC (d'avant 2006) qui a été source d'une dépense supplémentaire non prévue et non négligeable.
A l'issue de cette saison cauchemar, Jean Michel Baldy a déclaré qu'il a
averti le comité directeur que le club dépensait trop d'argent sans que les résultats ne suivent. La question du changement d'entraîneur s'est posée naturellement. Le comité m'a suivi pour réduire les dépenses... Face à cela, le club devait trouver une solution interne. Le choix s'est porté sur André Basile et José Carrascosa, qui voulaient travailler ensemble.Évoquant pour terminer le départ d'ODO, l'ex président et ami de l'entraîneur alésien avoue :
s'il est parti, c'est que son contrat le lui permettait. Mais c'est uniquement en rapport avec le projet aux EAU et indépendamment des résultats ou de la situation de l'OAC.
Questions / Réponses
Durant notre entretien, Jean Michel Baldy s'est prêté au jeu des Questions / Réponses. Soit spontanées et courtes, soit au contraire plus réfléchies et exprimées, en voici le contenu :- Deux montées en trois saisons : Fierté, bon démarrage, aboutissement d'un investissement humain.
- ODO/Bénézet : Aucun regret. Les joueurs ont beaucoup appris. Leurs compétences étaient à la hauteur. Pour Olivier Dall'Oglio, c'était un peu l'identité de l'OAC, il avait l'amour du club, et il a fait un sacrifice financier pour venir. S'il fallait le refaire, son contrat aurait été le même (NDLR: autorisant un départ n'importe quand).
- 20 ans d'Alès-Bordeaux, match souvenir : Michael Bedos m'a averti de cet anniversaire qui approchait. Il fallait qu'on fasse quelque chose. La soirée qui s'est bien déroulée.
- José Carrascosa : C'est une personne que j'estime énormément, je voulais qu'il reste au sein du club (NDLR: après la décision de lui retirer les commandes de l'équipe première.) J'ai fait ce choix en écoutant les conseils de certaines personnes au sein du club, plus qualifiées... (silence très évocateur). Je n'ai cependant pas de regret. Il est resté au club et il était hors de question de m'en séparer.
- Cévenol'Surfers : J'ai beaucoup apprécié le dialogue avec les C'S, même s'il y a eu parfois des désaccords avec certains d'entre eux. Mais cela a fait avancer les choses. Ce sont des supporters assidus dans les bons comme dans les mauvais moments, qui mettent une bonne animation à domicile comme à l'extérieur. Des supporters sages et dynamiques, ce qui n'était pas le cas de mon comité directeur.
- La banderole de mars 2009 : J'aurai voulu être averti, j'ai été blessé pour Michel. Malgré le fait qu'il ait dit que ça ne l'avait pas touché, on peut penser le contraire. Cet épisode a eu son effet, ça a été médiatisé par Midi Libre.
- Meilleur souvenir : Les deux premières années.
- Fierté des trois ans : Les deux montées, avoir connu des personnes avec des valeurs humaines qui avaient l'amour du club, le gros travail effectué chez les jeunes pour les faire évoluer.
- Un regret : Avoir été contraint de démissionner, ne pas avoir fini ma tâche.
- Le pire souvenir : Le 0-6 à domicile contre Béziers, sans hésitation.
- Avenir de l'OAC : Je souhaite bien évidemment que le club remonte et retrouve sa place.
- Mot aux supporters : J'ai souvent vu les mêmes personnes au stade, ce sont des vrais supporters et je les remercie. Quand on est en DH, c'est là qu'on voit les vrais amoureux du club.
- Mot aux joueurs : Ça a été très dur de leur annoncer mon départ. Je me suis beaucoup investi, beaucoup attaché à eux. Je leur souhaite de continuer. L'ère Baldy est passée, mais nous tous ne sommes que de passage, dirigeants, entraîneurs, joueurs... Il faut faire avancer le club, se battre pour lui et pour les supporters.
Les collectivités locales doivent jouer leur rôle
L'ex-président de l'OAC n'a pas oublié la mairie. Lorsque je lui ai posé la question de savoir s'il pensait que l'OAC en national dans les prochaines années c'était possible, sa réponse a été claire:Oui, mais avec le soutient des collectivités locales...Évoquant la mairie, Jean Michel Baldy n'a pas oublié d'égratigner une dernière fois l'adjoint aux sports, Bernard Arnaud. Pour l'ex président de l'OAC, c'est évident:
un adjoint aux sports se doit d'être présent, mais lui, c'est l'homme invisible.Bernard Arnaud, il est vrai, n'a pas été beaucoup présent à Pibarot ces dernières années...
Trois ou quatre fois maximum..., lâche amer Jean Michel Baldy. Pour lui,
il doit assumer son rôle et être présent au stade. Il n'a pas été assidu, il s'est très peu soucié de la situation du club.
Enfin, Jean Michel Baldy a tenu à adresser un message tout particulier à tous les membres d'ALLEZ-ALES.FR. Évoquant le forum, où il fut souvent critiqué, l'ex-président, qui pendant plus d'un an et demi a répondu directement aux questions des internautes, exprime:
J'ai passé de bons moments sur le site et c'est avec un grand plaisir que j'ai participé aux débats. Malgré les critiques, ce fut très souvent enrichissant. Je remercie au passage tous les membres qui m'ont envoyé des messages privés suite à l'annonce de mon départ. Ça m'a touché.Enfin, et pour terminer, il ajoute:
je souhaite une longue vie à ce site et je souhaite qu'il continue à évoluer avec l'OAC.






par Allez-Alès.fr
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